Out There

Queerness, (in)visibilité et espace public
Montréal

Lawrence

Lawrence, Montréal, Août 2016

(English version down below)

1) Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Lawrence Caron, je suis artiste transgenre, queer, pansexuel-le. Je suis né-e dans le bas du fleuve, dans le Bas Saint-Laurent et j’ai vécu une grosse partie de ma vie là-bas. Je suis enseignant de formation pour adulte.

2) Peux-tu me parler de ta tenue (que portes-tu/pourquoi as-tu choisi cette tenue), et plus généralement de ta présentation physique ?

J’essaie d’aller vraiment dans les ambiguïtés et les contrastes, je suis quelqu’un de très coloré, je ne m’en cache pas. J’envisage ma tenue plus comme un standing politique sur l’ambiguïté des genres et je joue beaucoup avec ça. On me demande souvent « C’est un chandail de femme ou d’homme ? » et je réponds toujours « Y a-t-il un pénis ou un vagin dessus ? ». Si tu le trouves beau, porte-le. Je suis de plus en plus à l’aise avec mon statut de transgenre, justement grâce à l’empowerment que m’amène le fait d’accepter et de m’habiller comme je l’entends. J’ai jamais été très conformiste non plus. Je fonctionne avec des poubelles de friperies pour m’habiller. Ça a son charme parce que c’est la vie qui fait en sorte que je trouve tel ou tel vêtement. Je porte que du linge de friperies, pas toujours que des poubelles. J’hésite jamais sur une grosse boucle d’oreille que je trouve belle, si je trouve quelque chose beau je vais le porter et c’est tout. Personne n’a le droit de me juger là dessus.

3) Pourquoi as-tu choisi de poser à cet endroit ? Est-ce que ce lieu a un sens particulier pour toi ?

Je choisis de poser à Montréal parce que c’est une forme d’empowerment pour moi aussi, de quitter ma région natale parce que je commençais à trouver ça trop dur de vivre là bas avec l’homophobie et la transphobie systémique et assumée du Bas du Fleuve et de Rimouski, enfin de la majorité des gens là-bas. C’est presque socialement accepté. Je me souviens qu’un jour, je suis rentré-e dans un Tim Horton avec mon grand châle noir, que j’ai tricoté moi-même d’ailleurs, et y’a trois mecs qui se mettent à rire à une table. Je me dis que je m’en fous et là y’en a un qui lâche « En tout cas si je me ramasse comme ça un jour, crissez-moi une balle dans la tête. ». Là j’ai tilté, je me suis retourné-e vers eux et je leur ai dit « Écoutez les gars, j’vais vous donner 25cts, allez donc vous acheter une vie. » et sur le coup c’est à peu près passé, puis six jours après il y a eu le drame à Orlando. Là ça m’est resté dans la tête tu sais ? Ça m’a confirmé que je voulais partir. Je suis arrivé-e depuis à peine un mois. J’aurais aimé rester vivre dans le Bas du Fleuve parce que la vie là bas est vraiment agréable, mis à part la mentalité.

4) Est-ce que des paramètres extérieurs interviennent quand tu choisis ce que tu vas porter ou sur les décisions que tu prends concernant ton apparence/ta présentation physique ?

Je dirais que ça dépend où je vais, par exemple en entrevues pour des emplois je vais avoir tendance à modérer un peu l’extravagance, mais une fois engagé-e je modère un peu moins. Si je sais que je vais dans un milieu homophobe ou transphobe, je vais peut-être avoir tendance à porter quelque chose de moins identifiable comme queer, pour éviter la confrontation. Je suis pas du genre à l’éviter, y’a même des fois où je la provoque, mais bon… Quand j’étais à Rimouski, je me disais toujours, si je peux se faire poser des questions à ne serait-ce qu’une personne, ça vaut la peine que je le fasse. Je voyais des kids qui me regardaient et qui demandaient « C’est un monsieur ou une madame ? » à leurs parents, et je leur répondais « C’est une belle curiosité que tu as là mon grand. Continues à poser des questions . » Bon ça plaisait pas toujours aux parents mais, s’il était élevé dans un milieu transphobe et qu’il se posait au moins des questions, c’est déjà ça.

5) Est-ce que tu penses que la visibilité est une question politique ?

Oui, définitivement. C’est comme ça qu’on a gagné des droits pour la communauté LGBT, au même titre que là c’est les queers et les trans qui gagnent leurs droits de la même façon que les gays les ont gagnés ici dans les années 70-80. On est rendus là mais y’a un combat à mener encore, même si certaines mouvances politiques gay, blanches, cisgenres ne le voient pas nécessairement. On mène exactement le même combat qu’eux, ils ont eu ce qu’ils voulaient alors maintenant ils sont assis dessus.

6) Quelles sont tes stratégies pour résister aux oppressions que tu subis ?

L’éducation populaire surtout, je ne me gêne pas pour poser des questions et remettre en question les principes. Je peux comparer ça à une conversation que j’ai eu avec un homme blanc, gay, cisgenre avec lequel j’ai essayé de parler de la question de l’intégration queer au sein de la communauté LGBT. Je lui disais « Toi t’as un cheum ? », il a dit oui, je lui ai demandé « Si ton cheum te disait qu’il est une femme, tu le quitterais ? », il a dit non. « Donc nécessairement vous deviendriez un couple hétéro, non ? » C’est ça être queer, l’étiquette hétéro, gay, ça veut plus rien dire quand tu considères qu’il y a des spectres différents de genre, de sexe et d’orientation sexuelle et quand tu varies d’un bord puis de l’autre. Je me gêne pas pour utiliser ces paramètres pour créer du choc. Je fais ça souvent avec des hétéros, c’est ma manière d’expliquer le queer.

Ça dépend aussi des oppressions que je subis, j’en ai subi par exemple à l’endroit où je travaillais dans le Bas du Fleuve. Des mecs qui faisaient des blagues homophobes et ma boss lesbienne m’a répondu que c’était normal que les gars soient homophobes parce qu’on était en région. Là j’ai sauté, mais faut dire qu’à l’époque je contrôlais mal ma colère, ce qui a pas aidé. J’ai fini par démissionner tout simplement et partir. Si je suis pas bien quelque part je m’en vais, ils se démerderont sans moi. J’étais un peu défaitiste aussi à l’époque.

La création aussi très clairement, tout ce que je crée est relié à moi. C’est relié à ce que je vis, ma façon de voir et je pense que c’est ça la création. Y’a des gens qui dessinent des pots de fleurs pour dessiner des pots de fleurs, c’est cute mais ça veut rien dire. Je pense que c’est la nuance entre un artiste et quelqu’un qui peint. Un artiste va créer en fonction de sa vision, tandis que quelqu’un qui peint, peint. Personnellement, je considère que j’ai besoin de dire quelque chose. Les deux toiles que j’ai ici sont sur le massacre à Orlando et une sur l’espèce de tourbillon de coming out dans lequel je me suis empêtré-e qui m’a mené-e à l’alcoolisme, la toxicomanie bref, le suicide à petit feu.

7) Quelle est ton expérience dans l’espace public ? Y a-t-il des endroits que tu évites ou des choses que tu privilégies ?

J’ai commencé assez jeune, quand je suis entré-e au CEGEP, je me suis impliqué-e dans l’association étudiante, j’ai été délégué-e de la fédération étudiante et j’ai fait le tour du Québec pour aller défendre les droits étudiants, à ce moment-là, vers 2005-2008. Ma première grève c’était en 2005, on avait fait une journée de grève quand j’étais en secondaire. Après j’étais impliqué-e au CEGEP, puis à l’université j’étais très impliqué-e au niveau de la grève de 2012, j’ai parlé à beaucoup de média et fait beaucoup de PR dans les rues. Je me suis impliqué-e dans des partis politiques et j’ai fait la couverture d’à peu près tous les journaux du Québec en 2012 parce que j’ai été arrêté-e pour des motifs politiques. J’étais devenu-e assez connu-e à Québec pour la grève de 2012, tellement qu’ils ont voulu faire un exemple de moi, ils m’ont arrêté-e et accusé- e d’un méfait sur un bien de plus de 5000$ et d’avoir empêcher l’utilisation du hall d’entrée de la mairie de Québec. On était quatre à avoir été arrêté-e-s, on était 50 dans l’entrée, mais c’est nous quatre qui empêchaient l’utilisation… J’étais pas à la tête du mouvement étudiant mais j’étais souvent très en avant parce que je suis très agoraphobe, et c’est plus facile pour moi d’être devant et d’animer que d’être dans la foule. De toute façon, à la base je suis un leader et je suis quelqu’un qui aime ça être en avant. Après ça, j’ai pas eu le droit de manifester pendant 3 ans, jusqu’à mon procès, et ils m’ont même emprisonné-e toute une nuit, sans eau ni rien. J’ai jamais eu peur de mes convictions, ni d’assumer mes convictions, mais quand tu réalises que tu peux finir en prison, sans eau et que même Rocco Magnotta lui avait le droit à l’eau, tu te dis qu’il y a deux poids, deux mesures.

Cette année je suis plus impliqué-e politiquement au niveau LGBT. Je travaille avec Québec Solidaire, on va essayer de faire passer des projets de lois assez importants cette année. Je veux pas mettre la charrue avant les bœufs mais on va faire passer des projets de lois particulièrement pour la communauté queer. J’essaie de m’impliquer politiquement pour quelque chose qui me touche, j’irais pas m’impliquer politiquement pour protéger les paradis fiscaux.

Ah ! Mais quand tu parlais de l’espace public tu voulais dire lieu public ? Je pensais que tu parlais de médias ! Je me gêne pas, j’ai pas peur du monde, quand ils sont pas trop et pas attroupés autour de moi sans porte de sortie (rires). Je me gêne pas pour aller dans des bars ou des restos, c’est sûr que ça dépend des quartiers, j’irais pas non plus dans Hochelaga dans mon kit le plus queer du monde… Oh remarque peut-être. Je suis très à l’aise.

8) Si tu devais décrire ta présentation physique ou lui donner un titre (la ligne éditoriale de ton look si on veut), qu’est-ce que ce serait ?

Pénis ou vagin, on s’en criss.

9) As-tu beaucoup changé de présentation ou de stratégies/choix de visibilité jusqu’ici ?

Oui (rires), j’ai eu à peu près toutes les couleurs de cheveux possibles, j’ai même été très conformiste dans mon linge et extravagant aussi. J’ai été beaucoup dans les tons très foncés puis très colorés…J’ai fait des mélanges de couleurs incroyables. J’ai tout essayé. J’ai juste pas eu les cheveux blancs encore. C’est ma prochaine étape.

10) Penses-tu te ressembler ? Et y’a-t-il autre chose que tu veux ajouter ?

Ouais. Je me suis jamais posé la question, pendant un certain temps je me ressemblais pas, c’est vrai. Quand je savais pas que j’étais queer et que je passais mon temps à me droguer pour oublier que j’étais dégueulasse et que j’avais pas le droit de vivre, que j’existais pas dans le système. Parce que à la base je savais même pas qu’on pouvait être autre chose, les cours d’éducation sexuelle c’était « pénis ou vagin » et pas d’entre deux. Comprendre que je pouvais exister ça m’a permis de rassembler les morceaux de moi-même parce que j’étais en miettes jusqu’à réaliser ça. C’était il y a trois ans. Ça m’a pris ces trois ans pour l’accepter comme je le fais aujourd’hui.

– – – – In English – – –

1) Can you introduce yourself ?
My name is Lawrence Caron, I’m a transgender, queer, pansexual artist. I was born in the lower part of the Saint-Laurent river, in Lower-Saint-Lawrence and I lived there for most of my life. I’m a teacher for adult training and education.

2) Can you tell me about your outfit (what you are wearing/why you chose this outfit), and more generally about your physical presentation ?
I try to play with contrast and ambiguity, I am a very colorful person and I do not pretend otherwise. I consider my outfit like a political statement on gender ambiguity and I play a lot with that. People often ask « Is that a woman’s or a man’s t-shirt ? » and I always answer « Is there a penis or a vagina on it ? ». If you find it beautiful, wear it. I’m more and more confident about my transgender status, precisely because dressing the way I want empowers me. I was never very conventional anyway. I dress in clothes I find in second-hand stores bins. It has its charm because, in a way, life makes it possible for me to find one garment or another. I only wear second-hand clothing but not always from garbage. I never think twice when I see a big earring I find pretty, if I think something is beautiful I’ll wear it and that’s it. Nobody has the right to judge me on that.

3) Why did you choose to shoot here ? Does this place have a special meaning for you ?
I chose to shoot in Montreal because it is also a kind of empowerment for me, to leave my home region because I found it too hard to live there, with the systemic and asserted homophobia and transphobia of most people from the Lower-Saint-Lawrence and of Rimouski. It’s almost socially accepted there. I remember one day, I went in a Tim Horton’s with my big black shawl, which I knitted myself by the way, and three dudes start laughing at a table. I didn’t care but then one of them said: « If I ever show up dressing like that, put a bullet in my head. ». I reacted, turned to them and said « Listen, guys, I am going to give you 25 cents so you can buy yourselves a life. », things went okay but six days later there was the Orlando tragedy. It stayed in my head you know? It reinforced my will to leave. I arrived nearly a month ago. I would have wanted to stay in the lower part of the river because life there is really nice, apart from the mentality.

4) Do external factors have an influence on choosing what you’re going to wear or on the decisions you make regarding your appearance/physical presentation ?
I would say it depends on where I’m going, for instance, if I’m in a job interview I will calm down the eccentricity but once I’m hired I won’t restrain it so much. If I know I am going in a homophobic or transphobic environment, I might not wear stuff perceived as queer to avoid confrontation. I’m not the kind to avoid it, I even provoke it sometimes but yeah… When I was in Rimouski, I always told myself that, if I can make one person ask themself some questions then it’s worth it. I saw kids looking at me and asking their parents« Is it a Mister or a Madam? », I would tell them « It’s a lovely curiosity you have there kiddo. Keep asking questions. ». Well, parents didn’t always like it but, if they were raised in a transphobic environment and asked questions, that’s already something.

5) Do you think that visibility is a political matter ?
Yes, definitely. This is how we earned rights for the LGBT community, queers and trans are gaining rights the same way gays did here in the 70s/80s. There’s still a fight ahead of us even if some white cisgender gay political movements don’t see it. We’re fighting the same fight they fought, they got what they wanted so now they’re sitting on it.

6) What are your strategies to resist the oppression you face ?
Popular education mainly, I am not embarrassed to ask questions and challenge principles. I can compare this to a conversation I had with a white cisgender gay man with whom I tried to talk about queer integration in the LGBT community. I asked him « Do you have a boyfriend? », he said yes, I asked him « If your boyfriend told you he was a woman, would you leave him? », he said no. « So obviously you would become a straight couple, wouldn’t you? » This is what being queer is, the straight label or the gay label don’t mean anything when you consider different gender, sex, and sexual orientation spectrums and when you vary from one side to another. I don’t hesitate to use these elements to shock. I often do that with straight people, it’s my way of explaining what queer is.

It also depends on the oppressions I face, I suffered from them in my workplace in Lower-Saint-Lawrence for instance. Big dudes making homophobic jokes and my lesbian boss told me it was normal that they were homophobic because we were in a rural area. I jumped, but I had issues dealing with my anger back then which didn’t help. I ended up quitting my job and simply leaving. If I don’t feel well somewhere I leave, they’ll deal without me. I was a little defeatist at the time.

Also creating very clearly, everything I create is related to me. It’s related to what I live, my vision and I think that’s what creating is about. Some people draw plant pots to draw plant pots, it’s cute but it doesn’t mean anything. I think that’s the difference between an artist and someone who paints. An artist will create something based on their vision whereas someone who paints, paints. Personally, I consider I need to say something. The two paintings I have here are on the Orlando massacre and one on the whirlwind of coming out I got entangled in which led me to alcoholism, addiction, in short, killing myself slowly.

7) What is your experience of public space ? Are there places you avoid going to or things you favor ?
I started very young, when I got admitted to the CEGEP, I got involved in the student organization, became delegate of the student federation and went all around Quebec to defend student rights back then, in 2005- 2008. My first strike was in 2005, we had a day of strike when I was in high school. After that I got involved during CEGEP, then at university especially during the 2012 strike, I talked to a lot of media and did a lot of PR in the streets. I got involved in political parties and was on the front pages of nearly every newspaper in Quebec in 2012 because I got arrested for political reasons. I had become pretty famous in Quebec for the 2012 strike, so much that they wanted to make an example of me, so they arrested me and accused me of mischief on a 5000$ property and obstructing the entrance of Quebec’s town hall. Four of us were arrested, we were 50 in the town hall that day but apparently only the four of us were blocking the entrance… I wasn’t a leader of the movement but I am often on the frontline because I have agoraphobia and it’s easier to be ahead and cheer than to be in the crowd. Anyway, I am a natural leader and I like being in the spotlights. After that, I couldn’t protest for 3 years until my trial, they even put me in jail for a night without water or anything. I was never afraid of my convictions nor of assuming them, but when you realize you can end up in jail with no water when even Rocco Magnotta got water, there are double standards for sure.

This year, I’m politically involved in the LGBT community. I work with Quebec Solidaire to try and pass some important bills. I don’t want to put the cart before the horse but we’ll pass bills especially for the queer community. I try to get involved politically for issues that move me, I wouldn’t get politically involved to defend tax havens.

Ah ! Did you mean public space in the sense of a public place? I thought you meant medias! I’m not bothered, I’m not afraid of people when there’s not too many of them with no exit door (laughter). I don’t feel embarrassed going in bars or restaurants, surely it depends on the neighborhood, I wouldn’t go wander in Hochelaga in my queerest outfit… Oh, maybe I would actually. I am very comfortable.

8) If you had to describe your physical presentation or give it a title (like the editorial line of your look sort of), what would it be ?
Penis or vagina, who gives a fuck?

9) Have you changed your presentation or strategies/choices of visibility a lot until now ?
Yes (laughters), I’ve had almost every possible hair color, I even was very conventional with my clothing and extravagant as well. I was very into dark tones, then very colorful… I’ve mixed and matched colors in unbelievable ways. I’ve tried everything. I didn’t have white hair yet, it’s my next step.

10) Do you feel like you resemble yourself ?
Yeah. I never really thought about that, for a while I didn’t resemble myself, that’s true. When I didn’t know I was queer and I spent my time taking drugs to forget I was disgusting and didn’t have the right to live, that I didn’t exist in the system. Because, initially I didn’t know we could be something else, sexual education classes were about « penis or vagina » and no in-betweens. Understanding I could exist allowed me to gather the pieces of myself because I was in tatters until I realized that. It was three years ago. It took me three years to accept it as I do today.